Future maman

Comment j’ai vécu ma césarienne…

27 novembre 2019

Et voilà, je passe de mon 6e mois de grossesse (cf. article précédent) à la naissance de mon fils…
Il faut dire que je n’avais pas trop le coeur à bloguer ces derniers mois…
Les 7e et 8e mois ont été plutôt stressant… Toujours l’inquiétude d’avoir à nouveau une hémorragie.
Et bim, le 2 octobre, très grosse hémorragie, me voilà embarquée par le SAMU au petit matin. Par chance, les saignements se sont ensuite arrêtés mais j’ai été hospitalisée jusqu’au 21 octobre. Je suis ensuite rentrée chez moi, et le 24 octobre, bim ! Nouveau saignement (plus léger cette fois) et rebelote SAMU en pleine nuit. Cette fois, ils m’annoncent qu’ils me gardent jusqu’à ma césarienne programmée le 12 novembre. Sauf que… j’ai à nouveau eu une hémorragie à l’hôpital dans la nuit du 2 au 3 novembre.
C’est là que le gynécologue de garde a décidé de me faire la césarienne en urgence.

(La photo illustrant cet article a été prise deux jours avant ma césarienne, j’étais donc à 35 SA et quelques jours)

Avant la césarienne

C’était une césarienne d’urgence pratiquée à 35 SA + 6 jours avec un placenta praevia. Tout est allé très vite cette nuit là. Dans un sens, ça faisait des semaines que je m’y préparais étant donné qu’avec mon placenta praevia, elle était inévitable. Mais, honnêtement, je ne pensais pas saigner à nouveau avant le 12 novembre…
Vers minuit je me réveille avec une sensation désagréable… comme si quelque chose avait lâché au niveau de mon col. Je me lève, et là, gros saignement avec des caillots dès que j’arrive aux toilettes… J’appuie directement sur la sonnette et c’est parti pour le rituel habituel : monito, prise de tension… En plus, ils me mettent sous perfusion et m’emmènent faire une petit balade de nuit dans l’hôpital sur mon lit pour aller à la maternité (j’étais hospitalisée en grossesse patho). Là, on m’installe en salle d’accouchement, de nouveau branchée sous monito (bébé va bien, quelques contractions). On me fait une échographie. Je sens à nouveau des saignements. La sage femme appelle le gynéco de garde et il décide de me faire la césarienne dans la foulée.

La césarienne

On m’emmène au bloc. Là, une équipe me prend en charge et me rassure. J’étais malgré tout plutôt angoissée. L’anesthésiste me fait une première piqûre avant la vraie rachis-anesthésie. Ensuite, c’est parti pour l’anesthésie, et là, c’est quasiment instantané. On sent vite ses jambes s’engourdir. Mais la piqûre en elle-même ne fait quasiment pas mal. Ouf, car je la craignais tellement cette anesthésie ! Au point que mon pouls s’est envolé à 120 juste avant qu’il ne pique. Ils ont donc dû me faire déstresser…
Ils installent ensuite la sonde urinaire. Là je n’ai rien senti non plus car l’anesthésie faisait déjà bien effet.
Quelques minutes après, ils dressent un champs devant ma tête et commencent la césarienne sans rien me dire. Pour ne pas me stresser sans doute davantage… J’ai compris qu’ils avaient ouvert quand j’ai commencé à sentir que ça remuait bien dans mon ventre.
Aucune douleur évidemment, mais on sent quand même tout ce qui se passe, les mouvements, leurs gestes, le bébé qui est tiré… Des sensations bien particulières. En plus, dans mon cas, il était placé plutôt haut donc ils ont eu du mal à le sortir et ils ont dû utiliser la ventouse… Je ne l’ai su qu’après.
Quand il est sorti, il n’a pas pleuré. Il ne respirait pas et ils l’ont emmené directement dans la salle à côté où ils ont aspiré le liquide qu’il avait dans les voies respiratoires. Je n’ai donc pas pu le voir… C’était assez difficile. Je m’inquiétais et j’ai demandé à plusieurs reprises si ça allait, ils m’ont rassurée et enfin, la sage femme est venue me dire que c’est bon il va bien, il a pleuré, et qu’ils s’en occupent.
Le placenta est enlevé. Je leur demande si j’ai perdu beaucoup de sang et si le placenta était effectivement bien recouvrant. J’ai perdu 500ml de sang et oui, le placenta était bien devant mon col donc accouchement voie basse impossible, comme vu à l’échographie.
Ensuite ils prennent le temps de recoudre et me transfèrent en salle de réveil.

L’après-césarienne

Là les aides soignantes et sages-femmes appuient à plusieurs reprises sur mon ventre pour faire sortir un max de sang etc… Je sens que l’anesthésie s’estompe peu à peu car mes jambes picotent. Un autre effet de l’anesthésie, ce sont les démangeaisons. Il faut essayer d’éviter de se gratter sinon c’est encore pire.
Ils injectent les anti-douleurs dans ma perf’ qui vont prendre le relais quand l’anesthésie sera tout à fait disparue.
Enfin, ils m’annoncent qu’il vont venir me présenter mon bébé. J’ai pu le prendre quelques secondes, ensuite ils me l’ont à nouveau enlevé pour l’habiller etc. Ça ma semblé tellement long cette attente pour enfin le voir… Dur dur.
Ils m’ont enlevé la sonde urinaire.
J’ai eu droit à la toilette du siège. Heureusement car sinon c’est bien inconfortable.

Ensuite, deux heures après, ils m’ont conduit dans ma chambre (toujours sur mon lit) et on a récupéré mon bébé en passant. Enfin, j’ai pu l’avoir tout contre moi. J’étais dans ma chambre vers 5h je crois. Je n’ai pas dormi, je l’ai gardé dans mes bras jusqu’aux examens du matin. Il allait bien. Ils ont juste installé un matelas chauffant dans son berceau car il ne régulait pas encore bien sa température du fait de sa prématurité.

Au matin, je n’avais pas encore mal. C’est vraiment le soir que j’ai commencé à bien déguster malgré les anti-douleurs… Douleurs à la cicatrice, douleurs en urinant (irritation suite à la sonde) et grosses douleurs d’intestins toute la nuit qui a suivi. Comme tous les organes se remettent en place petit à petit, c’est forcément un changement pour le corps…

Par contre, ils m’ont fait lever dès le matin. Au plus tôt on se met debout, au plus vite on se remet de la césarienne ! Mais c’est difficile, on marche courbé. Ils m’ont bien dit d’essayer de me tenir droite dès le départ car ça aide à guérir plus vite. Mais ça tire !

La cicatrice a été faite avec des agrafes qu’ils m’ont enlevées 5 jours après, soit le vendredi.

J’ai vraiment souffert les premières 48h, ensuite ça été de mieux en mieux, même si la cicatrice tirait toujours lors des changements de positions.

On a aussi droit aux piqûres de Lovenox (anti-coagulant) tous les jours, pendant une dizaine de jours. Ainsi qu’une prise de sang tous les deux jours pour vérifier les plaquettes. On se shoot au paracétamol…

Au niveau des pertes de sang, il y en a beaucoup les premiers jours (vive les culottes de maternité super glamour). Surtout qu’avec l’allaitement, ça déclenche des contractions de l’utérus (les tranchées) et donc ça accélère les pertes. Ça aide vraiment à ce que tout se remette bien en place à l’intérieur, mais ça fait mal.

Le retour à la maison

J’ai pu rentrer à la maison le samedi 9 novembre, soit 6 jours après. J’étais en HAD (hospitalisation à domicile) non seulement pour moi, mais aussi pour Théo qui est né quand même prématuré et devait avoir un suivi la première semaine de retour à la maison. Je vous parle des débuts avec lui dans un prochain article.

Aujourd’hui ça fait plus de 3 semaines et je n’ai plus de douleurs. La cicatrice est jolie. J’ai des zones bien dures aux extrémités, ce sont des hématomes liés aux écarteurs apparemment qui sont placés là pendant l’intervention.  Dans une semaine, je pourrai commencer à masser ma cicatrice pour faire disparaître ces zones dures.
Evidemment je dois faire attention et ne pas porter de charges trop lourdes (ils disent de ne pas porter d’objets plus lourds que mon bébé) le 1er mois. On y sera vite mais je continuerai quand-même à y aller molo. Je ne peux donc pas me servir de la poussette (qui est super lourde à hisser dans le coffre de la voiture), ni porter bébé dans son cosy ou sa nacelle. On limite donc les déplacements pour l’instant. Je ne peux pas encore me servir de mon porte-bébé car c’est minimum pour un bébé de 3,5 kg et Théo est à 3 kg.

Les pertes sont quasiment inexistantes mais reviennent un peu certains jours. Je n’ai plus de tranchées depuis deux semaines déjà. C’est assez rapide, je m’attendais à bien pire. Je ne sais pas avec un accouchement par voie basse combien de temps ça dure par contre.

Mon ressenti global sur cette césarienne

J’étais soulagée que ça soit enfin fini malgré tout. Toutes ces hémorragies étaient vraiment stressantes pour moi à la longue. Mais ce n’est quand même pas l’accouchement rêvé. Surtout que dans mon cas, je n’ai pas pu voir mon bébé avant un long moment (enfin ça m’a paru interminable…). Les douleurs post-césarienne sont quand-même assez intenses. Sans compter que personnellement, la sonde urinaire m’avait bien irritée. C’était assez inconfortable les premiers jours. Je redoutais de devoir aller aux toilettes…
C’est également handicapant de ne pouvoir rien porter , de faire attention aux mouvements qu’on fait, pour se relever notamment, afin de préserver ses abdos et ne pas risquer une éventration (ma peur bleue)…
Mais bon, dans l’ensemble ça c’est quand même bien passé et je peux maintenant profiter de mon petit Théo.

Nous allons bien tous les deux, et c’est l’essentiel !

 

 

 

 

You Might Also Like

Pas de commentaire

Leave a Reply

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.